Les machines à composer

 

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TYPOGRAPH (Le)

Ou : le Typographe Rogers, la Typograph.

1888.

John Raphael Rogers est né à Roseville, dans l'Illinois (États-Unis) en 1856. Après avoir commencé sa carrière dans l'enseignement, son goût pour la mécanique le poussa à des recherches sur la machine à composer.

En 1891, M. Rogers trouva à Cleveland une fabrique qui, sous le nom de « The Rogers Typograph Company », se chargea de la construction de sa machine.

Comme la Linotype, la composition est produite sous forme de lignes-blocs. Les matrices sont posées sur des fils de fer inclinés à 30 degrés. À l'aide du clavier, l'opérateur libère la matrice voulue qui, par son propre poids, en glissant sur le fil, vient se placer sur un plateau où se forme la ligne à composer. L'espacement des mots est réglé par des disques qui en tournant écartent les matrices, nommés « anneaux-espaces ». Après la fonte de la ligne, l'opérateur, d'un simple mouvement, relève les matrices qui glissent le long des fils et reprennent leur position initiale. Il n'y a donc pour ainsi dire pas de distribution.

La machine Rogers pèse environ 200 kilos et « n'occupe guère plus d'espace qu'une machine à coudre ordinaire ». La machine peut d'ailleurs être actionnée par une pédale.

Les brevets du Typograph furent vendus à la « Compagnie de la machine à composer la Linotype » en juillet 1895, pour la somme de 415 000 dollars.

Le modèle A, avec un seul jeu de caractères, fut accompagné du modèle B, qui donne accès à 5 alphabets à partir du clavier. Le renversement automatique de la corbeille fut adopté, « facilitant l'emploi de la femme comme opérateur, ainsi que le travail assis »...

Un modèle Duplex fut proposé, puis, en 1914, à l'Exposition internationale du livre et des arts graphiques de Leipzig, le modèle Universal, qui permettait, « en moins de trois minutes », de passer d'un type ou d'un corps de caractères à un autre.

Le Typograph, construit en Allemagne, fut très usité dans les pays de langue allemande.

Le musée de Porto (Portugal) présente un exemplaire de cette machine (bien que la photo sur son site figure une fondeuse Monotype...). Voir également l'International Printing Museum, le musée de la ville de Rendsburg, le musée de Mondovi (Italie), le musée de la Nonnenstrasse à Leipzig ; d'autres musées en possèdent probablement un exemplaire.

Réf. : La Typologie-Tucker, août 1891.

Brochures publicitaires Typograph, 1909 et 1914.